La Liz, authentique flamenca flamande

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Eva Mendez et La Liz sont les deux professeurs qui animent nos cours de danse. Afin que vous puissiez mieux les connaître et apprécier leur approche du flamenco, nous vous proposons leurs portraits sous forme d’interview. Ici, celui de La Liz…

La Liz vient de Gand pour animer les cours de danse pour débutants et initiés d’A Contratiempo. Elle est flamande, estranjera, comme la plupart de ses élèves. Mais son amour du flamenco est pur est sincère. Sa danse est fluide, gracieuse et expressive… Elle s’est formée à Séville -et continue de se former en Espagne- auprès de grands danseurs. Et elle n’a pas son pareil pour vous faire “entrer dans la danse” flamenca, avec une joie de vivre communicative. Elle danse aussi dans le groupe Soniquete, avec son mari, Emre “El Turco”, au sein de la Guardia flamenca, une compagnie de majorettes flamencas déjantées et elle a monté un beau spectacle de cabaret, Club flamenco. Elle donne des cours dans plusieurs écoles en Belgique. Nos élèves débutants et initiés ont de la chance de commencer leur apprentissage avec elle !

« Que représente le flamenco pour toi?

Le flamenco est une manière d’exprimer les émotions, la beauté, la sensualité, ainsi que les sentiments profonds de douleur, de peine, de colère ou de frustration… Je suis de nature timide et sensible mais en même temps j’ai un coté extraverti et la volonté d’être sur scène et dans une recherche artistique. Le flamenco m’a aidée à canaliser les émotions dans ma vie et a certainement influencé ma personnalité. Aussi, c’est un art musical très riche et virtuose, qui se prête très bien aux mélanges avec d’autres styles musicaux. J’aime beaucoup la musique mais mes doigts n’ont pas le talent nécessaire pour jouer d’un instrument, malgré tous mes efforts quand j’étais enfant et toutes les musiques qui me trottent en permanence dans la tête. En dansant le flamenco, por fin, je réalise mes propres musiques à partir des rythmes et je donne une expression à la musique que j’entends.

Qu’aimes-tu dans le flamenco?

Au début j’ai surtout aimé la percussion des pieds. D’ailleurs, quand j’étais enfant, je rêvais de faire des claquettes. En fait, j’aime tout dans le flamenco : la rythmique, l’esthétique, la culture, les coplas, l’art de vivre… Le flamenco est un art très complet. Et avec le temps et avec l’âge, je préfère l’expression des sentiments… Avec parfois une certaine distance : j’aime quand ils sont pris avec une dose d’humour et qu’ils sont relativisés !

Comment as-tu découvert le flamenco?

J’ai découvert le flamenco à la télé, quand j’avais 16 ans. Ce n’est pas très original mais à partir de ce moment-là, j’ai eu constamment en tête l’idée d’apprendre cette danse. Mais à cette époque-là, il n’y avait pas de flamenco à Gand. Et pas d’internet pour trouver des informations. Quatre ans plus tard, j’ai trouvé mes premiers cours de flamenco, dans l’arrière-salle d’un restaurant. Dès le premier cours j’ai pris le flamenco très au sérieux et j’ai su qu’il prendrait une place très importante dans ma vie. J’ai installé des planches dans mon garage pour pratiquer, je me suis fait mes propres jupes et même un manton, en nouant les flecos moi-même !

Lors de ces premiers cours, il s’agissait d’imiter et de sentir. Il n’y avait pas d’explications, ni sur la technique, la structure, la musique… Il fallait les trouver soi-même. Les progrès étaient lents. Mais l’avantage, c’est que je n’étais pas gênée de danser seule et de monter sur scène car je n’étais pas consciente des “règles”, de la “bonne” technique, de la connaissance de la structure, etc. Évidemment, une fois en Espagne, mon point de vue a changé très vite…

LA LIZQuelle place as-tu donné au flamenco dans ta vie ensuite?

En dépit de tout le soutien de mes parents pour que j’étudie à l’université, après mes études j’ai pris le chemin que m’indiquais mon cœur : je suis partie en Espagne à la découverte du flamenco. J’ai organisé ma vie en passant trois-quatre mois à Séville puis quelques mois en Belgique pour travailler, économiser et repartir à Séville de nouveau.

Où t’es-tu formée et auprès de qui?

Par hasard mes premiers professeurs en Espagne étaient de vraies gitanes : Concha Vargas et Juana Amaya. Avec Concha, c’était le duende et l’expression totale. Dans son cours de danse, elle chantait (ou plutôt elle criait !) à un mètre de nos visages. Chez Juana, j’ai découvert les rythmes, les remates forts, la tension et la pureté. Un style que j’adore. Toute sa famille était présente à son cours, à la guitare, au chant et à la danse ! Sa fille de deux ans nous faisait des petites patas de bulerias en cadeau après le cours. C’était une période formidable.

J’ai pris des cours chez des profs très différents, chez les uns pour la technique ou les qualités pédagogiques, chez d’autres pour leur style. Les profs qui m’ont marquée le plus, même lors de stages courts, sont Joaquín Grilo, Manuel Betanzos, El Chupete, Juana Amaya et Pastora Galván. Ils ont en commun une personnalité exceptionnelle dans leur manière de danser et/ou de communiquer pendant les cours.

Outre ces grands danseurs, j’ai aussi appris beaucoup de mes collègues, avec qui je répète et je partage les expériences de scène et de création. J’apprends aussi par les élèves, par leur manière de se mouvoir et d’apprendre, par leurs questions et leurs remarques. L’apprentissage ne s’arrête jamais !

Quel est ton plus beau souvenir de flamenco?

Je préfère mentionner mon premier moment de “duende”. C’était la première fois que j’ai vu le chanteur El Duquende. Il était seul, avec la guitare de Niño Josele, au teatro Lope de Vega à Séville. Je ne dansais que depuis quatre ans. C’était la première fois que je venais en Espagne, je n’avais vu que très peu de spectacles de flamenco et je ne le connaissais pas. Il n’avait pas le “look” flamenco. Il venait sur scène en regardant le sol, très timide. Il ne regardait pas le public. Je ne savais pas à quoi m’attendre. Mais quand il a commencé à chanter avec sa voix rauque et très forte (j’étais au premier rang, il était juste devant moi), ça a été le choc total. J’ai commencé à trembler et à pleurer. C’était une expérience très forte, parce que c’était mon premier duende, je ne comprenais pas ce qui se passait…

Et bien sûr… j’ai rencontré mon mari à Séville. C’est le plus beau cadeau que le flamenco m’a donné ! Il est guitariste de flamenco. Notre première répétition ensemble est mémorable !

Quels sont les artistes qui t’inspirent dans ton travail chorégraphique?

Quand j’étais plus jeune, j’aimais la virtuosité et la force. Le flamenco à beaucoup évolué depuis que je le pratique. Maintenant le niveau est très très haut. J’adore les artistes qui cherchent plus loin que le flamenco traditionnel mais qui sont en même temps purs et qui ont un travail théâtral. J’aime beaucoup le sens de l’humour et la musicalité d’Israel Galván et Joaquín Grilo. J’aime aussi d’autres danseurs tout à fait différents, comme Rafael Estevez, Marco Flores ou María Pages. Je n’aime pas les danseurs qui ne sont que dans le décor et la beauté. J’aime qu’un artiste montre aussi ses cotés “laids”.

DSC_0251Quel professeur veux-tu être ?

Je veux faire plaisir à tous les élèves, à ceux qui veulent avancer vite mais aussi à eux qui viennent au cours pour se détendre. Mais ce n’est pas facile de trouver cet équilibre entre pousser le niveau, avancer techniquement et garder l’ambiance et le plaisir de danser. Je suis heureuse quand les élèves se laissent aller et montrent leurs émotions dans la danse, quand le « moustique du flamenco » les a piqués. J’essaie d’encourager et de trouver des connexions avec les sentiments de la vie quotidienne dans les mouvements de la danse : la joie, l’ennui, l’amour, la sensualité, la colère, la malchance, etc.

Quels sont les palos qui te plaisent le plus?

J’aime les palos d’origine gitane comme la buleria. J’écoute les palos en accord avec mon état d’esprit du moment, pour les vivre plus profondément. Quand je suis triste j’écoute des soleas… En cours, j’aime enseigner les palos qui apportent une énergie positive et heureuse, comme les alegrias, ou ceux qui font ressortir la féminité et la sensualité comme les tangos. J’aime la mélancolie et la simplicité des fandangos pour les niveaux débutants. J’aime le jeu de la buleria… En revanche, j’ai une relation d’amour-haine avec la siguiriya, un palo très profond et fort, avec un contenu malheureux. Pour l’instant je ne l’aime plus!

Où se cache le flamenco dans ta vie?

Le flamenco est partout dans ma vie ! Surtout avec mon mari guitariste ! Nous travaillons ensemble. Nous écoutons beaucoup de flamenco à la maison. Il y a pas mal de mots et d’expressions espagnoles dans la langue que nous parlons à la maison. Et puis notre fils commence à jouer du cajon. Olé ! »

A lire aussi : Eva Mendez, le flamenco comme une évidence

Pour vous inscrire au cours de La Liz

(lundi 18h30 Débutants, lundi 20h Initiés en 2016-2017), cliquez ici.

Publicités

2 réflexions sur “La Liz, authentique flamenca flamande

  1. Pingback: [INSCRIPTION] Toutes les infos sur les cours de danse 2016-2017 ! | Peña A Contratiempo

  2. Pingback: [Nouveauté inside !] Les premières infos sur la rentré des cours de danse 2017-2018 | Peña A Contratiempo

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s