[interview] EL YIYO : l’étoile montante de la danse flamenca

El Yiyo

El Yiyo ©Ferrater studio

Miguel Fernández « El Yiyo » revient le 19 mars 2016 à Roubaix ! Si vous avez eu la chance de l’avoir vu danser en 2009 dans l’ancienne église Notre-Dame et au musée la Piscine, à Roubaix, vous n’avez pas oublié ce danseur époustouflant, plein d’énergie, qui n’avait que 13 ans ! Sept ans plus tard, il a approfondi sa formation et partagé la scène avec Eva Yerbabuena, Estrella Morente, Mayte Martin ou Farruquito. Il nous confie les moments-clés de son parcours, ses sources d’inspiration et ses projets.

« Tu es issu d’une famille gitane. Es-tu imprégné de flamenco depuis toujours ? Est-ce que le flamenco était présent dans ta famille quand tu étais plus jeune ? 

El Yiyo : Oui bien sûr, le flamenco fait partie de ma culture. Lors des fêtes gitanes, des baptêmes, des mariages, à Noël, on chante et danse sur du flamenco. Ma famille est également amatrice de flamenco… Donc depuis toujours j’ai écouté et vu du flamenco.

Te rappelles-tu du moment où tu as dansé pour la première fois ?

El Yiyo : Je me souviens très bien. Je partageais la tête d’affiche. J’avais sept ans. C’était dans une salle très connue de Barcelone, la sala Paloma…

A quel moment as-tu décidé de devenir danseur de flamenco ?

El Yiyo : Je n’y ai jamais pensé. Je crois que c’est quelque chose que j’ai toujours su au fond de moi-même. C’est une vocation.

El Yiyo - Festival Flamenco de Toulouse - Altigone, Saint-Orens / 10 Octobre 2014 © Fabien Ferrer / +33 (0)6 89 84 22 88

© Fabien Ferrer

Qu’est-ce qui t’a décidé ?

El Yiyo : Le plaisir, la magie, le duende qui se transmet chaque fois que je danse. Je ne pourrais pas vivre sans danser.

As-tu été encouragé par ton entourage ?

El Yiyo : Bien sûr. J’ai été soutenu par ma famille et surtout par mon père. Mais aussi mon manager qui est aujourd’hui mon producteur.

Comment t’es-tu formé à la danse flamenca ?

El Yiyo : J’ai suivi des cours avec les grandes figures de la danse flamenca. Mais aussi des cours de danse classique et contemporaine. Et je m’entraîne et apprends dans mon studio tous les jours.

J’ai aussi la chance de faire partie de la première génération qui a accès à des milliers de vidéo à travers youtube. C’est une source incroyable pour un danseur…

Quels sont les artistes flamencos d’aujourd’hui, danseurs, chanteurs, guitaristes, qui t’inspirent le plus?

El Yiyo : Les artistes qui m’inspirent ne font pas forcément partie du monde flamenco… Beaucoup m’inspirent comme Michael Jackson par exemple…

Quels sont ceux d’autrefois qui te touchent le plus ?

El Yiyo © Ferrater studio

© Ferrater studio

El Yiyo : Ceux qui ont révolutionné le flamenco : Paco de Lucia, Camaron de la Isla… Au niveau de la danse, ceux qui ont eu une énorme influence sur moi sont Farruco, Gades et spécialement Güito avec qui j’ai la chance de suivre aujourd’hui des cours particuliers de chorégraphie.

Peux-tu nous raconter ta première rencontre avec le duende?

El Yiyo : La première fois où j’ai compris ce qu’était ressentir le duende, c’était lors d’un concert à Taïwan. Il y avait une connexion entre les musiciens, ma danse et le public. Une ambiance spéciale s’est créée. Je me souviens d’un moment magique et intense.

Y a-t-il des moments où, sur scène, tu ressens le duende? Quelles sont les conditions favorables ?

El Yiyo : Il n’y a pas nécessairement des conditions favorables pour ressentir le duende. Je pense qu’il vient quand je me sens bien en dansant. Peut-être grâce à l’ambiance, les artistes qui m’accompagnent…

Quelles sont les émotions qui t’habitent quand tu danses?

El Yiyo : Les émotions qui m’habitent sont les mêmes que dans le flamenco. Même si ce sont des sentiments que je n’ai pas forcément encore vécu : la peine, la douleur, la joie… Et d’autres qu’on ne peut définir par des mots…

Quel style souhaites-tu donner à ton baile ?

El Yiyo : Je veux donner un style moderne. Fusionner des mouvements de classique et contemporain avec le flamenco. Sans perdre l’essence du flamenco. C’est aussi une façon d’attirer d’autres publics qui ne connaissent pas le flamenco.

Que souhaites-tu transmettre au public lorsque tu danses?

El Yiyo : Je veux transmettre le sentiment que je danse. Si je danse une solea, une mélodie triste, de peine, je transmettrai cette émotion par une danse lente, élégante et avec peu de taconeo.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Nous sommes nombreux à avoir été marqués par les spectacles que tu as donnés à Roubaix en 2009. Quel souvenir as-tu conservé de ces deux spectacles ?

El Yiyo : Ces deux concerts ont été une très belle expérience pour moi. Les deux espaces étaient très originaux par rapport à un théâtre classique où je danse normalement. Et surtout je me souviens que le public était très réceptif et enthousiaste.

Comment choisis-tu les chanteurs, les guitaristes et les palmeros qui t’accompagnent sur scène?

El Yiyo : Je choisis des artistes qui sont bien préparés et aussi qui m’inspirent au moment de créer une chorégraphie.

Qu’est-ce qui t’inspire quand tu prépares un nouveau spectacle?

El Yiyo : Comme je viens de le dire : les artistes m’inspirent, la musique… Mais une source d’inspiration c’est aussi quelque chose que j’aime, un film, un paysage, une expérience de la vie…

Quels sont tes projets pour les prochains mois, les prochaines années? Comment te vois-tu dans dix ans?

El Yiyo : Je suis actuellement en train de travailler sur un nouveau spectacle où mon frère de 16 ans va débuter. Et j’aime beaucoup l’idée de danser avec lui. L’idée du spectacle est de montrer le présent futur et le passé de la danse flamenca en fonction de la musique…

Dans les prochaines années j’espère pouvoir faire partie de grands projets au niveau international. Nous sommes en train d’y travailler… »

Réservez vos places ici [MAJ 18 mars] ATENTION LE SPECTACLE EST COMPLET. LES NOUVELLES RÉSERVATIONS SONT AJOUTÉES SUR LISTE D’ATTENTE, SANS GARANTIE

Publicités

2 réflexions sur “[interview] EL YIYO : l’étoile montante de la danse flamenca

  1. Force est de constater que El Yiyo, l’étoile montante du flamenco, a perdu au fil des ans la générosité qui le caractérisait en 2009, pour ne plus devenir qu’une étoile filante ! Deux courtes danses (interrompues pour un changement de costume) et un « fin de fiesta » : à peine apparu sur scène, El Yiyo était déjà parti, sans avoir pris le temps de nous transmettre l’émotion et le rêve que nous étions en droit de recevoir. Quelle énorme déception et frustration pour le public venu spécialement pour le voir danser et sur la promesse d’un spectacle de qualité, comme tous ceux qu’organise la formidable équipe d’A Contratiempo.
    La première partie consacrée au « cante », avec le chanteur El Salao, manquait elle aussi de « duende ». Elle était trop monotone dans le choix de ses thèmes, et une prononciation inintelligible,même pour des oreilles averties, empêchait toute connivence avec le public. Le deuxième chanteur, El Coco, aurait mérité une bien meilleure place dans ce spectacle et aurait su lui insuffler plus de vie.
    Mais l’étoile, le véritable diamant de ce spectacle, fut en réalité le prodigieux guitariste José Andrés Cortes qui, avec âme et virtuosité, a assuré seul l’accompagnement musical des chanteurs et du danseur.

    • Merci Annie pour votre commentaire. Étonnante soirée en effet que celle d’hier soir… qui ne s’est pas vraiment déroulée comme prévu et qui confirme que le flamenco est un art plein d’imprévu ! Les passages de danse furent en effet bien courts et mais heureusement, effectivement, le guitariste Jose Andrés Cortes était excellent ! Merci en tout cas pour votre fidélité !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s