« Si je vois que le public vibre avec moi, je me dépasse »

Rafael Campallo, la fête d’affiche de la noche flamenca que nous vous proposons le samedi 29 avril, est monté sur scène pour la première fois à 10 ans, à Séville. Aujourd’hui, il tourne sur celles du monde entier, seul, avec sa sœur Adela ou en collaboration avec d’autres grands artistes qui apprécient la sobriété de son style plein de nuances et son caractère espiègle. Rencontre avec un danseur généreux.

« Comment abordes-tu ce spectacle, Sin renuncia, que tu présentes pour la première fois à Roubaix ?

Rafael Campallo : Je suis ravi de cette pré-première que nous donnons avec ce nouveau spectacle et j’espère que cela donnera de bons résultats et que ma nouvelle proposition plaira au public.

Comment choisis-tu les chanteurs, les guitaristes et les palmeros qui t’accompagnent sur scène?

R. F. : D’abord il doit y avoir un bon feeling dès le début. Ensuite il faut que ce soit de bons artistes et qu’ils aiment accompagner la danse.

Comment choisis-tu les sujets de tes spectacles?

R. F. : C’est différent si l’histoire est la tienne ou celle d’un quelconque personnage. Dans ce cas, je me mets dans l’histoire, je l’étudie et j’essaie d’être une partie d’elle-même. Mais ce que j’aime le plus c’est la danse sans histoires, que l’histoire ne soit jamais au dessus de la danse. »

Quelles sont les émotions qui t’habitent quand tu danses?

R. F. : Tout dépend des jours… Quand tout est détendu à la maison et que tout va bien dans ma vie, la danse est plus

légère et rapide, tout coule… Quand je suis un peu préoccupé ou stressé je dois lutter davantage pour que la danse sorte avec plus de sentiment. Ce sont des sensations différentes et avec les deux il faut savoir danser !

Qu’est-ce que le duende pour toi ?

R. F. : Le duende c’est quelque chose qui n’est pas réel. Il n’apparaît et ne disparaît pas comme sous la baguette d’un magicien (rires) ! Cela ne se passe pas comme ça.. Pour bien danser on n’a pas besoin de tant de mysticisme ni d’estampe romantique… Cela se vend bien mais cela ne se passe pas comme ça ! Il n’y a pas de duende : il y a des jours où tout coule de source et des jours où rien ne sort…

Le public joue-t-il un rôle dans la façon dont tu danses ?

R. F. : Ce que fait le public pour moi c’est refléter ce que je veux moi-même transmettre. Si je vois que le public vibre avec moi, je me dépasse car je sais que je suis en train de faire du bon travail… Le public m’aide à mieux danser !

Comment le flamenco est entré dans ta vie ? Était-il présent dans ta famille?

R. F. : Il était dans tout mon environnement familial. On écoutait tout le temps chanter ma mère et mon oncle et à chaque fois que nous nous réunissions chez ma grand-mère paternelle cela se terminait par des chants dans la famille…

Te souviens-tu du moment où tu tu as dansé pour la première fois?

R. F. : A 9 ans, j’ai commencé à prendre des cours de danse par curiosité. J’ai appris les typiques sevillanas… C’est la musique populaire de Séville avec laquelle on commence à étudier le baile (la danse, NDLR) flamenco dans 90% des écoles de danse. Quand j’ai vu que cela me plaisait, je suis entré à l’académie de danse de Jose Galvan, et c’est à partir de là que j’ai été vraiment happé par le flamenco et que j’ai commencé ma vie professionnelle

Qu’as-tu ressenti lorsque tu as dansé pour la première fois ?

R. F. : Voir qu’un public me regardait, moi, tout seul, et qu’il répondait à ma danse m’a rempli de sensations nouvelles et ses applaudissement m’ont rempli de bonheur…

Qu’est-ce qui t’a décidé de devenir danseur de flamenco?

R. F. : J‘ai eu mes doutes… J’aimais beaucoup le football et je me débrouillais bien. Mais sans vraiment m’en rendre compte, en pratiquant la danse comme un hobby, pour me distraire, j’y ai consacré de plus en plus de temps et j’ai commencé à gagner de l’argent, jusqu’à ce que cela remplisse ma vie complètement.

Comment t’es-tu formé à la danse flamenca ?

R. F. : Avec mes maestros, mes maîtres, Manolo Marin et Jose Galvan. En plus j’ai pris des cours de perfectionnement avec Manolete, Jose Antonio, et beaucoup d’autres.

Quel a été le « tournant » de ta carrière ?

R. F. : A 15 ans on m’a appelé pour travailler avec Curro Velez (au tablao El Arenal, à Séville, NDLR) chez qui passaient tous les grands du moment : Carmen Ledesma, Jarillo, Curro Triana. Et à partir de cette époque, tout commence à bien s’enchaîner pour moi.

Quels sont les artistes d’aujourd’hui qui t’inspirent le plus et pourquoi ? 

R. F. : Il y en a tant ! Adela Campallo y Juan Campallo, Eva Yerbabuena, Manolo Caracol… Parmi les plus jeunes, El Choro Y Maria Moreno ont cette manière de danser qui me plait. Je crois qu’ils auront une belle carrière dans ce monde de la danse.

Quels sont tes projets pour les prochains mois ?

R. F. : Je danserai comme artiste invité de El Pele dans des représentations qui sont déjà prévues et je vais collaborer à d’autres spectacles, avec Antonio Canales à Paris, avec Adela Campallo à Rivesaltes, etc. »

Pour réserver vos places (moins chères en prévente), cliquez ci !

Publicités

Une réflexion sur “« Si je vois que le public vibre avec moi, je me dépasse »

  1. Je confirme, une de nos plus belles noches! Un véritable envoûtement de la première seconde à la dernière ! Virtuosité, sincérité et générosité conjuguées ! Un pur bonheur !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s